L’information n’a jamais été aussi accessible. Télévision, radio, presse, réseaux sociaux, plateformes vidéo, outils d’intelligence artificielle conversationnelle : les canaux se multiplient, les formats se fragmentent, les usages se personnalisent. Pourtant, derrière cette abondance, le rapport des Français à l’actualité se complexifie.
L’étude de janvier 2026 de l’Arcom dresse un constat clair : l’intérêt pour l’information reste massif, mais la confiance demeure fragile, et les pratiques évoluent rapidement sous l’effet du numérique et de l’IA
Sommaire
Un intérêt toujours très fort pour l’actualité
Les Français ne se détournent pas de l’information. 94 % déclarent s’y intéresser, et 85 % affirment suivre l’information politique et générale. L’actualité nationale et locale continue de susciter davantage d’attention que l’actualité internationale.
Le besoin de comprendre les grands événements progresse nettement : 45 % citent cette motivation en priorité, soit +8 points par rapport à 2023. Comprendre le monde, se forger une opinion, rester à jour : l’information demeure perçue comme un outil d’orientation dans un environnement jugé complexe.
Pour autant, cet intérêt ne signifie pas stabilité des pratiques.
Une légère contraction de la consommation d’information
Si 92 % des Français s’informent quotidiennement, la dynamique globale montre un tassement. 26 % déclarent s’informer moins qu’auparavant, tandis que 12 % se définissent comme “abandonnistes”, ayant fortement réduit ou interrompu leur consommation.
La première raison avancée est révélatrice : 46 % estiment que l’actualité est trop négative ou anxiogène. Dans le même temps, 55 % des Français déclarent éviter volontairement l’actualité, parfois ou souvent.
L’information reste centrale, mais elle est de plus en plus filtrée, choisie, parfois écartée.
La télévision dominante, digital en progression rapide
La télévision conserve sa position de premier canal d’information : 39 % des Français la citent comme moyen principal, et 61 % privilégient encore les médias éditorialisés (TV, radio, presse).
Mais la bascule générationnelle est nette. 44 % des Français s’informent quotidiennement via les réseaux sociaux : chez les moins de 35 ans, ces plateformes deviennent un point d’entrée majeur. Par ailleurs, 55 % utilisent YouTube pour s’informer, confirmant la montée en puissance des formats vidéo.
La presse traditionnelle en 2026 : canal affaibli ou pilier de crédibilité ?
La presse écrite n’est plus le point d’entrée dominant vers l’information, mais elle demeure un socle structurant du paysage médiatique.
Son usage reste massif : 55 % consultent la presse quotidienne au moins une fois par semaine, et 28 % la presse magazine. Autrement dit, plus d’un Français sur deux entretient encore un contact régulier avec une marque de presse.
La presse conserve également un rôle clé dans le modèle économique de l’information. 40 % des Français ont payé pour s’informer au cours des 12 derniers mois, principalement via l’achat à l’unité (27 %) ou l’abonnement (20 %) à des journaux ou magazines.
L’intelligence artificielle, nouveau réflexe informationnel
L’un des marqueurs forts de cette édition concerne l’usage des outils d’IA conversationnelle. 37 % des Français les utilisent pour s’informer, dont 12 % quotidiennement. Au moins 24 % y ont recours chaque mois.
Chez les moins de 35 ans, l’usage devient majoritaire. L’IA est mobilisée pour poser des questions directes, obtenir des synthèses, contextualiser un sujet ou vérifier une information vue ailleurs.
L’information devient interactive, personnalisée, instantanée. Le réflexe conversationnel s’installe durablement dans les pratiques.
Une confiance fragile et des attentes fortes envers les journalistes
Seuls 37 % des Français estiment que l’on peut faire confiance à la plupart des informations la plupart du temps, tandis que 47 % déclarent douter toujours ou souvent de la fiabilité des contenus diffusés par les médias.
La défiance s’explique principalement par la perception d’influences politiques (23 %) et par la montée de la désinformation.
Pourtant, cette méfiance ne se traduit pas par un rejet du journalisme. Au contraire, les attentes restent élevées. Les Français jugent “indispensable” que les journalistes fournissent une information fiable et vérifiée (84 %), détectent les fausses nouvelles (79 %) et maintiennent leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques (74 %).


