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Transat BPE - Belle Ile en Mer - Marie Galante

Transat BPE - Belle Ile en Mer - Marie Galante Transat bpe

 

 

 

COMMUNIQUÉ DU 28 avr. 09

 

Le film de la course...

 

Un record, une édition atypique qui s'est jouée sur des routes proches où les concurrents ont dû faire preuve d'opportunisme, un final sur le fil du rasoir et le couronnement d'un navigateur dont tout un chacun reconnaissait le talent mais qui, jusque là, n'avait pas encore réussi à accrocher une grande victoire dans une épreuve majeure du circuit solitaire en Figaro Bénéteau… Cette édition 2009 a tenu toutes ses promesses : le plateau était d'évidence restreint compte tenu de la situation économique générale, mais d'une telle homogénéité, qu'il a proposé une course haletante du début à la fin.

 

Dimanche 5 avril : un départ en douceur

C’est dans les tous petits airs que la flotte de la Transat BPE s’élance au pied de la Citadelle de Le Palais. D’emblée, les ténors pointent aux avant-postes : Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) emmène la flotte dans son sillage, suivi de près par Gildas Morvan (Cercle Vert), Franck Le Gal (Lenze) ou bien encore François Gabart (Espoir Région Bretagne). Mais le grand beau temps qui accompagne les concurrents n’est qu’un leurre. Tous savent que la traversée du golfe de Gascogne risque d’être mouvementée.

 

Lundi 6 avril : bataille tactique au près

Malgré un début de nuit proche de l’idyllique, les concurrents rencontrent vite des conditions plus musclées. Le vent monte en s’orientant progressivement au sud-ouest. D’ores et déjà, la flotte se divise : à l’ouest un petit groupe composé de Franck Le Gal, Thierry Chabagny et Isabelle Joschke (Synergie) part à l’assaut du premier front attendu quand la majorité cherche à suivre la route la plus courte vers la pointe de l’Espagne. Erwan Tabarly (Athema), Nicolas Troussel (Financo) et Armel Tripon (Gedimat) mènent la danse, tandis que Gildas Morvan, à la faveur d’une route plus serrée que ses adversaires, se positionne au centre du plan d’eau à égale distance des deux extrêmes.

 

Mardi 7 avril : un autre Finisterre

Il ne s’agit pas là du département qui nourrit au lait près de la moitié de la flotte des solitaires engagés sur cette Transat BPE, mais bien de ce cap qui marque une véritable frontière météorologique entre les régimes perturbés d’ouest et les alizés portugais. Nicolas Troussel comme Eric Drouglazet (Luisina) ont-ils plongé au sud trop tôt ? Toujours est-il qu’ils vont devoir tirer des bords le long de la côte nord de Galice quand leurs adversaires positionnés plus à l’ouest peuvent envisager de passer d’un bord. Et déjà, les premiers pépins techniques se profilent : Franck Le Gal, victime de rupture de drisses de voiles d’avant concède un terrain précieux. Yannig Livory (CINT 56) contacte quant à lui la direction de course pour signaler qu’il ne peut plus recharger son iridium ; d’ici peu le navigateur lorientais va entrer en solitude sans moyens de communication avec la terre.

 

Mercredi 8 avril : les quatre de l’ouest contre l’homme du sud

Le cap Finisterre est maintenant dans le sillage de la tête de flotte. Anticipant sur la prochaine rotation des vents au nord-ouest, quatre navigateurs ont franchement opté pour une route au large. Thierry Chabagny en capitaine courageux ouvre la route devant Gérald Veniard (Macif), Adrien Hardy (Agir recouvrement) et Yannig Livory (CINT 56). François Gabart, quant à lui, a choisi de plonger au sud le premier. Le vent est toujours fort, la mer formée ; la sortie du golfe de Gascogne n’a rien d’une sinécure.

 

Jeudi 9 avril : courage, glissons

Cette fois-ci, toute la flotte a touché la bascule de vent qui va leur permettre de plonger vers le sud et de contourner l’anticyclone des Açores. La route du nord est bouchée et le scenario de 2007 qui avait vu un décalage de près de 1000 milles entre les deux concurrents les plus extrêmes, ne semble pas en passe de se reproduire. Pour l’heure, il s’agit avant tout de s’accrocher. Rivés à la barre de leur monotype, les solitaires enquillent les milles à plus de 10 nœuds de moyenne dans une mer chaotique. Un exercice de haute voltige qui n’est pas sans conséquence.

 

Vendredi 10 avril : adieu Droug

La nouvelle est tombée dans l’après-midi : Eric Drouglazet abandonne. Le skipper de Luisina a failli sancir. Sous un grain à plus de quarante noeuds de vent, alors qu’il manœuvrait pour affaler son spi, le vainqueur du Trophée BPE 2005 n’a pu empêcher l’étrave de son Figaro Bénéteau d’enfourner jusqu’au pied de mât. Plusieurs milliers de litres d’eau se sont alors engouffrés dans la cabine, noyant tous les instruments électriques et l’électronique de bord. Privé de pilote et de tous moyens d’anticiper sa navigation, le navigateur de Nevez choisit d’abandonner… Une décision qui témoigne de son grand sens marin, même si l’on imagine que renoncer n’est jamais simple pour un compétiteur. D’autres navigateurs ont laissé des plumes dans ces conditions plus que difficiles : Armel Tripon a dû passer plusieurs heures dans son mât quand Franck Le Gal devra effectuer une marche arrière par plus de trente-cinq nœuds de vent suite à un bout flottant entre deux eaux qui s’était enroulé dans sa quille.  Ils ne le savent pas encore, mais le retard pris ne sera jamais rattrapé. Nicolas Troussel dans un départ au lof a endommagé sa girouette de tête de mât. A petite cause, grands effets : le tenant du titre ne pourra plus utiliser son pilote en mode vent. Un handicap certain au vu d’une course qui va se jouer aux allures portantes : un spi mal réglé et ce sont des dixièmes de nœuds qui s’envolent quand le résultat n’est pas sanctionné par un coquetier quand le spi s’enroule autour de l’étai.

 

Samedi 11 avril : le péril jeune

Ils sont les deux benjamins de la flotte mais n’ont aucun complexe. Adrien Hardy au nord, François Gabart au sud, ont choisi de se positionner aux extrêmes de la flotte. Lequel des deux aura raison ? C’est l’heure des choix stratégiques : tout le monde s’apprête à mettre de l’ouest dans son sud, mais qui saura trouver le bon timing ?  Le profil de cette cuvée 2009 se dessine : il n’y aura pas de grands écarts latéraux entre les concurrents, mais la victoire risque de se jouer sur la capacité des uns et des autres à saisir la moindre opportunité tactique.

 

Dimanche 12 avril : à frôler Madère

Ils sont maintenant trois solitaires aux avant-postes sur la route du sud. Gildas Morvan, Erwan Tabarly et François Gabart vont passer à quelques milles à peine de Madère dont ils pourront admirer le sommet noyé dans les nuages…  A nouveau, François Gabart prend l’initiative et empanne pour plonger encore plus au sud. Un choix stratégique qui lui vaudra notamment l’admiration d’un Gildas Morvan encore étonné de ce mélange de culot et de maturité. Au nord-ouest, Adrien Hardy prend le parti de raser la bordure de l’anticyclone quitte à s’y bruler les ailes.

 

Lundi 13 avril : dans l’attente

Toute la flotte navigue maintenant sous spinnaker. Ils ne l’affaleront plus avant de contourner Marie-Galante. L’alizé n’est pas encore bien établi. La problématique est simple : plus on est proche de la courbure de l’anticyclone, meilleur est l’angle pour gagner dans le sud-ouest. En revanche plus on est au sud, plus on peut espérer des vents soutenus. Angle ou pression, tel est le dilemme…

 

Mardi 14 avril : Nicolas Troussel prend la tête

Les cloches de Pâques ont déposé un joli cadeau dans le cockpit de Financo. Mais son skipper sait ce qu’il advient des œufs en chocolat… Une fois dévorés, il n’en reste rien. Ce qui justifie la prudence de Nicolas qui considère cette place comme un cadeau provisoire. Il est encore bien tôt pour espérer capitaliser les quelques milles chèrement acquis. Avantage provisoire aux tenants de la route nord… qui gardent un oeil inquiet sur les hommes du sud.

 

Mercredi 15 avril : Erwan marque un point

Ils appellent ça un « pif-paf ». La manoeuvre consiste à opérer un petit décalage à la faveur d’une petite bascule de vent. Une jolie trajectoire opérée à la faveur de la nuit par Erwan Tabarly qui, grâce à ce petit zigzag, fait coup double. D’une part, il se replace devant François Gabart et d’une autre, il prend l’initiative sur la route du sud empêchant du même coup Gildas Morvan de venir se recaler, au risque de glisser dans le tableau arrière d’Athema. C’est ce qu’on appelle, marquer son territoire.

 

Jeudi 16 avril : temporisation et contre-attaque

En tête de flotte, le doute s’installe. Les modèles météo laissent encore planer une certaine incertitude sur la pertinence des différentes options. Chacun temporise, cherche à réduire les écarts latéraux. Gildas Morvan, fort d’une stratégie qui avait déjà failli lui réussir lors de la Transat AG2R 2008, s’est positionné sur une route centrale en essayant de trouver le bon compromis entre une route plus courte et un différentiel de vitesse faible par rapport à ses compères du sud. Plus à l’arrière, certains commencent à jouer d’options radicales, tel Armel Tripon qui n’hésite pas à plonger jusqu’à des latitudes proches de l’archipel du Cap-Vert. Le skipper de Gedimat, en allant chercher la pression, la met sur ses adversaires directs.

 

Vendredi 17 avril : le retour du Géant Vert

Malgré une résistance acharnée, Nicolas Troussel a fini par céder sa place de leader à Gildas Morvan. Le skipper de Cercle Vert ne la lâchera plus jusqu’à vingt-quatre heures de l’arrivée. Petit à petit, les hommes du sud grignotent le terrain perdu. Mais surtout, une certaine forme de routine bienheureuse s’est installée sur la flotte qui profite des surfs sous spi, du soleil et d’une carène à plat sur l’eau… Adrien Hardy, calé au nord de la flotte, reprend des couleurs et du vent après deux jours passés à se débattre dans des vents erratiques. Le piège de l’anticyclone qui s’était refermé sur lui s’ouvre un peu.

 

Samedi 18 avril : plus que six

C’est comme pour les élections. Au premier tour on choisit, au deuxième, on élimine. De petites avaries en choix stratégiques inadaptés, de pertes de vigilance en minutes de sommeil en trop, la flotte s’est maintenant divisée en trois groupes. Six navigateurs peuvent encore prétendre à la victoire : Gildas Morvan, Nicolas Troussel, Erwan Tabarly, Gérald Veniard, François Gabart et Thierry Chabagny. Trois semblent décrochés : Louis-Maurice Tannyères, Yannig Livory et Victor Jean-Noël… Armel Tripon, Franck Le Gal, Isabelle Joschke comme Adrien Hardy peuvent espérer encore décrocher un accessit.

 

Dimanche 19 avril : Gildas sans souci, Isabelle a des ennuis

Tout va bien pour le leader de la course. Petit à petit, Gildas Morvan creuse son sillon vers une victoire attendue… Tranquille comme Baptiste, le skipper de Cercle vert affiche une sérénité impressionnante…  Ses adversaires attendent toujours leur heure, mais pour le moment, le Champion de France 2008 réalise quasiment le sans-faute. En milieu de flotte, Isabelle Joschke souffre depuis plusieurs jours : en butte à des problèmes d’énergie, la navigatrice se doit d’économiser sur tout… Du coup, elle doit barrer environ dix-neuf heures sur vingt-quatre… La jeune navigatrice avouera quelques jours plus tard à la vacation souffrir fréquemment d’hallucinations et de coups de pompes à répétition.

 

Lundi 20 avril : à l’ouest, rien de nouveau

Pourquoi faudrait-il qu’il se passe toujours quelque chose sur une course ? Ce lundi est désespérément calme… Chacun continue de glisser sous les alizés retrouvés. Peu de changements au classement, pas de grandes décisions stratégiques, c’est la pause.

 

Mardi 21 avril : le sud pointe son nez

Erwan Tabarly, François Gabart, Armel Tripon ; les hommes du sud ont enclenché la surmultipliée. Ils progressent en moyenne à un, voire deux nœuds plus vite que leurs adversaires. Le suspense est relancé, d’une part pour le podium, mais aussi pour la première place. Même si Gildas Morvan tient tête, sa marge de manœuvre risque d’être ténue.

 

Mercredi 22 avril : Erwan la menace

Pour Gildas Morvan, le danger s’identifie de plus en plus clairement… Il viendra d’Erwan Tabarly qui continue de progresser à vitesse grand V. Toujours dans le sud, François Gabart pointe le bout de l’étrave et fragilise les défenses de Nicolas Troussel et de Gérald Veniard. Néanmoins, Gildas garde confiance : les prochaines heures devraient lui permettre de se recaler correctement à la faveur d’une bascule du vent vers l’est.  Pour les places d’honneur, Franck Le Gal, Armel Tripon et Isabelle Joschke continuent de se battre comme des chiffonniers. Naviguant parfois à vue, les trois solitaires y trouvent là une motivation supplémentaire.

 

Jeudi 23 avril : il court, il court le furet

Il est passé par ici, il repassera par là… Tel le furet de la chanson, la perspective de la victoire oscille au gré des fichiers de vent entre les deux leaders de la flotte. Il semble que l’écart pourrait être inférieur à quinze minutes… une misère au vu du nombre d’heures passées à régler le bateau, à barrer jusqu’au bout de la fatigue, à compulser les fichiers météo pour élaborer une stratégie gagnante.

 

Vendredi 24 avril : un grain relance la donne

Alors qu’il semblait que la victoire avait choisi son camp, un grain instable est venu tout bouleverser. Pendant deux heures, Gildas Morvan s’est vu contraint d’avancer à deux nœuds, voire moins. Et pendant ce temps, Erwan Tabarly a continué de progresser à près de dix nœuds. Tant et si bien, que le skipper d’Athema a pris la tête du classement provisoire pour un petit mille. Une seule certitude : rien n’est certain…

 

Samedi 25 avril : la lutte finale

Après une journée au coude à coude où les deux solitaires ont navigué à vue, la victoire a choisi son camp. Cette fois-ci, c’est Erwan qui s’est vu ralenti par un grain permettant à son adversaire de reprendre l’avantage. Il n’en fallait pas plus pour le skipper de Cercle Vert qui s’impose finalement avec moins de cinq minutes d’avance sur Erwan Tabarly. On aurait aimé un match nul tant la bataille fut acharnée… Mais la voile n’accepte pas de renvoyer deux adversaires dos à dos et ce, malgré toute l’estime qu’ils peuvent se porter. François Gabart complètera le podium… Suivront ensuite Nicolas Troussel, Gérald Veniard puis Thierry Chabagny. Armel Tripon et Franck Le Gal se livreront à un duel d’anthologie pour la septième place. Isabelle Joschke ira au bout de sa fatigue pour aller chercher la neuvième place, suivie par Adrien Hardy au cœur de la nuit marie-galantaise.

 

Dimanche 26 avril : clap de fin

Victor Jean-Noël aux premières lueurs de l’aube, puis Yannig Livory qui mettra fin à son long parcours de solitude, précéderont donc Louis-Maurice Tannyères qui clôturera donc cette édition 2009 qui aura attendu jusqu’aux dernières heures pour décider de son vainqueur.

 

 

 

 

 

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