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TRAKS, traversée de l'atlantique en kite surfing

 



 

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TRAKS, traversée de l'atlantique en kite surfing Traks

 

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ARCHIVES DU 30 mai 05

 

Manu Bertin, traversée réussie

 

Le Français Manu Bertin, 42 ans, a atteint ce soir le port de Calvi en Corse après 6 heures et 30 minutes de navigation...en kitesurf. Parti de Cap Camarat dans le Var, il a couvert les 105 miles de la traversée à la vitesse éclair de 16 noeuds. Avec élégance, Manu Bertin, père fondateur du kitesurf et auteur de toutes les grandes premières, a écrit en couleur une nouvelle page de sa discipline.

 

Parti à 14h15 de Cap Camarat dans le Var, Manu Bertin a touché terre à 20h45 dans le port de Calvi en Corse. « Je suis par terre dans le fond de mon semi-rigide d’assistance. Je n’en peux plus mais il n’y a que mes oreilles pour arrêter mon sourire. C’est magique, fabuleux, de voler, de surfer sur cet océan dont les couleurs sont fabuleuses. On a fait ca avec élégance : tout en douceur et en surf. Je ne sais pas trop que dire, il fait nuit et le film se déroule encore sous mes yeux. Les premiers miles ont été difficiles car le vent était un peu faible (10 noeuds) et je gesticulais pour maintenir l’aile en l’air. J’ai changé de planche en cours de route. On est passé de la board (planche de surf) traditionnelle à la long board, puis j’ai adapté la voilure aux conditions prévues, 17-18 noeuds de Sud-Ouest. Ça n’est jamais l’idéal de changer de matériel en cours de route, mais trouver les conditions idéales est suffisamment rare et il faut accepter de perdre du temps et de risquer du matériel lors des changements pour un jour réussir. »
Les moments forts furent intenses : « Quand j’ai aperçu pour la première fois un des sommets enneigés de Corse, là tu as des frissons. Il y en a eu d’autres notamment quand il y a parfaite alchimie entre le matériel utilisé et les conditions de vent et de mer, là tu frises le bonheur absolu. »

Traverser la Méditerranée entre le continent et la Corse en kitesurf. Comment imaginer un tel défi. À l’heure des grandes traversées océaniques en planche à voile habitable, il faut donc expliquer les difficultés de telles entreprises. La simple rencontre d’un rider (de l’anglais « Chevaucher ») qui sort d’une heure de kitesurf vous donne la mesure du défi. Cette discipline demande un effort physique véritablement intense et des aptitudes d’endurance importantes. « Au bout d’une heure à fond, tu es vidé alors après six heures et demie ne me demandez pas comment je me sens. Mais c’est une énorme satisfaction qui donne des ailes et de l’énergie. Cela fait deux mois que je me prépare physiquement et maritimement en Bretagne et  un mois exactement que l’on s’entraîne dans le Va. Or nous ne sommes pas chez nous et notre connaissance du milieu méditerranéen est forcément moindre. Donc réussir ici, c’est une très grande satisfaction collective. »

Pierre Lasnier de MétéoMer est aussi admiratif « C’est la première fois que je travaille avec un homme qui n’est ni skipper de voiliers, ni alpiniste. Il est juste le mélange de tout cela. Son approche est claire et précise, je ne connais pas sa discipline mais je pense connaître le bonhomme maintenant, tenace, habile et intelligent. Le tout avec un moyen de exceptionnel pour naviguer qu’est le kitesurf. Il y a entre nous une confiance mutuelle, la première fois sur la Manche ca n’avait pas fonctionné, la seconde oui. Mais elle a demeuré. Son intonation, sa facon de parler donne tout de suite la mesure du personnage. »

À 42 ans, le Français Manu Bertin est sans conteste l’homme grâce auquel le kitesurf a pu sortir des sentiers battus. Loin d’être une tête brûlée ou un inconscient qui sacrifie à la beauté du geste toute considération sur la sécurité, Manu s’entraîne physiquement pendant plusieurs mois avant de se lancer dans ses aventures. Entouré d’une équipe de spécialistes, il met patiemment en place tous les éléments pour que ses aventures deviennent des succès. Première traversée en mer ouverte entre deux îles hawaiiennes en 1998. Fin mai 2000, Manu Bertin propulse le kitesurf dans un espace hors du commun en naviguant entre les icebergs, suivi par le regard curieux d’ours blancs du Groenland. Puis viennent les défis océaniques. Rares sont les hommes à avoir oser défier Jaws (la mâchoire) à Hawaii. Des surfeurs de légende, des windsurfeurs célèbres s’y sont essayé, mais jamais un homme tracté par une aile de cerf-volant. Ce sera chose faite en 2000.

Son grand défi est de traverser l’Atlantique Nord en kitesurf, de New York à Ouessant sur la route des grands records de l’Atlantique. Il s’est donc donné plusieurs paliers à franchir, sans jamais décompresser. En Avril 2004, il traverse la Manche dans sa plus grande largeur (100 miles) en 5h20 minutes. Il ne s’agit pas uniquement de traverser mais également d’associer vitesse et performance. Avec 18 noeuds de moyenne, il va plus vite qu’un monocoque du Vendée Globe sur le même parcours. La seconde étape, la Méditerranée vient de s’achever. D’autres viendront....



> Interviews audio disponibles auprès de Didier Piron : 06 08 51 72 73

> Photos HD du départ disponibles auprès de Anthony Holder/Fly Pictures ou sur rivacom.fr

 

 

 

 

 

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