The Challenge - Geronimo lancé autour de l'Australie
© FRANCOLINI Andrea / Dppi/ Cap Gemini Schneider Electric
Geronimo en mer
© J.M.LIOT/DPPI/RivaCom
|
|
COMMUNIQUÉ DU 29 juin 05
Geronimo à mi-parcours
Après huit jours de mer et de très belles moyennes (entre 400 et 500 milles/jour), le team Capgemini/Schneider Electric a dû ralentir son allure. Le vent a faibli et Geronimo avance à 14 nÅ“uds au large des côtes de l'Ouest australien. Plus précisément, le long de la côte du Pilbara.
Le trimaran aux couleurs de Capgemini et Schneider electric devrait franchir dans la journée le cap théorique des 6500 milles de parcours du Tour de l’Australie. L’équipage franco-australien aura parcouru cette distance en un peu plus de 8 jours , ce qui pose des bases très rapides pour ce Trophée. La route est encore longue jusqu’à Sydney et la journée d’hier a rappelé l’importance du facteur météo ; Geronimo parcourant 263 milles dans les 24 dernières heures et faisant sensiblement baisser la moyenne des derniers jours. Depuis Geronimo, Olivier de Kersauson a adressé ce carnet de bord à son PC à terre. « Je n’ai pas beaucoup de temps pour écrire. Les vents sont depuis plusieurs jours excessivement variables en force et direction, cela sans aucun signe qui permettrait d’anticiper. Mélange de vents de terre et de flux océanique. L’odeur du continent porte à plus de cent milles au large, rien à voir avec l’air gras et lourd de Nouvelle- Guinée ; depuis deux jours sur la côte nord cela sent le bois et la pierre chaude. La mer est turquoise, l’air sec, le ciel bleu minéral clair sans aucun nuage. J’ai l’impression de naviguer sur la lune tant tout cela est aérien. C’est d’une grande beauté et complètement insolite rien avoir avec les lumières tropicales d’Afrique ou d’Amérique ou d’Océanie, comme il y a des couleurs de Bretagne et de Méditerranée, de cercle polaire en Norvège et de grand sud. Ici les teintes sont uniques, c’est superbe et un peu inquiétant. Les découvreurs devaient faire une drôle de tête sur ces mers constellées de récifs. Si vous avez un peu de temps passez-le à la lecture des cartes marines de cette côte. Découvrir c’est reconnaître, identifier et donc nommer. Anglais et Français s’en sont donné à coeur joie. Les monts Trafalgar et Waterloo sont côte à côte ainsi que les îles Molière, Racine de l’Institut etc… Le Daxois Borda est plusieurs fois nommé. Duguesclin, Fénelon, Buffon, Forbin, Jussieu, Lamark, Bernouilli, Tournefort, la passe Voltaire et le cap Lacépède voisinent avec Snake Island et Nelson, Bougainvillé et Brunswick sans omettre l’île d’Arcole suivie du récif rouge, du récif bleu et du récif arc en ciel. Je n’ose pas penser aux noms de ces côtes si elles avaient été découvertes à l’époque de la télé réalité la passe Steevy menant à la baie Loana. Calme tropical. L’air est sec. Le monde fige, immobile comme l’oiseau noir posé sur le bras qui nous regarde sans nous voir et que rien ne semble déranger. Tentative molle de virement raté sous le ciel acrylique le soleil est énorme, pas une trace d’ombre. Les flotteurs sont recouverts d une fine croûte de sel sèche et dure comme le givre sur les pare-brises d’hiver. Nous sommes par 13 S 125 E dans le monde hallucinant de la lumière, le soleil a explosé, la mer brûle. Je n’ai jamais vu ça. Peut-être qu’on est mort et qu’on ne le sait même pas. Si c’est ça il ne faut pas nous le dire comme ça on va vraiment continuer à croire que nous sommes des vivants en train de faire le tour de l’Australie et c’est délicieux. Merci »
site de The Challenge
|